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PPA : Chaque jour, la pollution de l’air cause un nouveau décès prématuré à Grenoble

Le Conseil municipal de Grenoble a choisi de rendre un avis négatif sur le troisième plan de protection de l’atmosphère (PPA). Pour tout comprendre sur cet acte fort et symbolique, le point en 3 questions sur les enjeux – et les lacunes – du Plan proposé par le Préfet.

Crédit : jacek-dylag-Unsplash

Qu’est-ce qu’un PPA ?

 

Le Plan de protection de l’atmosphère est un outil qui sert à préserver voire à améliorer la qualité de l’air sur un territoire, en contrôlant et en ramenant  la concentration de polluants dans l’atmosphère sous des seuils déterminés. Ce document détermine la stratégie de l’État et des collectivités territoriales pour 5 ans. Il fixe les ambitions pour le territoire et oblige les collectivités concernées à décliner les mesures nécessaires dans les différents documents d’urbanisme en vigueur.
Le périmètre du PPA s’étend sur près de 300 communes dans les 3 vallées autour de l’agglomération grenobloise. À Grenoble, deux plans de protection de l’atmosphère ont déjà été mis en place entre 2007 et 2018. L’évaluation du second, arrivée tardivement, a démontré le trop faible impact des mesures prises dans ce cadre. L’enjeu aujourd’hui est donc d’accélérer pour mettre un terme aux atteintes à la santé des Grenoblois-es.

 

Pourquoi un avis défavorable ?

 

A la croisée d’enjeux environnementaux et sanitaires, la qualité de l’air et la maîtrise des émissions de polluants doivent faire l’objet de politiques ambitieuses. Chaque jour, la pollution de l’air cause un nouveau décès prématuré sur la métropole de Grenoble. La Ville de Grenoble s’engage en ce sens, en proposant par exemple une Prime air-bois pour encourager les Grenoblois-es à changer leur chauffage au bois non-performant.
Or, le niveau d’exigences proposé par le Plan de protection de l’atmosphère est insatisfaisant. D’une part, les seuils retenus sont peu exigeants au regard de ceux récemment actualisés par l’OMS.
D’autre part, le plan proposé intègre des mesures relevant des compétences de la métropole et du SMMAG, pour lesquelles nous n’avons pas acquis la certitude que les investissements seront au rendez-vous. En effet, contrairement à ses homologues dans d’autres métropoles, le SMMAG n’a pas profité du plan de relance pour faire financer les grands projets de transports prévus dans le PDU 2030 (Plan de déplacement urbain). Ainsi, le RER grenoblois, le maillage du tram, et d’autres investissements à fort impact sur la qualité de l’air ne pourront être réalisés à moyen terme, faute de financements.

 

Quelles suites possibles ?

 

La sensibilisation et la vulgarisation des enjeux liés à la qualité de l’air sont au cœur des préoccupations de la Ville de Grenoble. Dans le cadre de Capitale verte européenne, la Tour Perret a ainsi été transformée en un phare de la qualité de l’air pour 3 mois, s’illuminant chaque soir aux couleurs du baromètre Atmo pour le jour suivant. Cet acte symbolique vise à objectiver et à visibiliser le problème de la qualité de l’air dans la ville en l’affichant publiquement sur ce monument visible aux alentours.
En fournissant un avis précis, détaillé et appropriable par les habitant-es, la municipalité poursuit cette démarche de sensibilisation des Grenoblois-es. Elle souhaite par ce biais nourrir le débat public et inviter chacun-e à prendre part à l’enquête publique qui suivra la première étape de recueil de l’avis des collectivités. Cet avis est disponible ici et se veut être un outil d’encapacitation citoyenne en livrant un décryptage du PPA accessible à toutes et tous.
Le retard qui s’accumule aujourd’hui appellera demain à des mesures plus brutales encore pour faire face à l’ampleur de l’effort à fournir. Accompagner le changement dès maintenant suppose de revoir à la hausse les ambitions du PPA. C’est le sens des réserves émises par la Ville de Grenoble, et c’est le sens de l’avis négatif rendu.

 

 

 

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